Arabia Felix – Chapitre VII

Conclusion

Benjamin est perdu dans le temps.
Dans l’espace tout autant.
Il voit la ville se réveiller lentement d’un mauvais rêve, c’est un spectacle enchanteur et un joyeux bordel, je vous demande pardon, mais il n’y a pas d’autre mot.

La vie, le bruit… L’activité est de retour… Combien d’années se sont écoulés depuis que ces photos ont été prises, en regardant les yeux mouillés et fatigués de mon ami, il me semble que c’est une vie entière.
Des paysages de science-fiction ont émergé, ils inspirent arts et rires.
Certains jouent au Cricket tout le temps…

Place de l'Indépendance
We’re changing the country. Sorry for the inconvenience.

Si je prends le temps de coucher sur le papier mes pensées sur les photos de Benjamin c’est pour vous dire ceci. À mon sens il existe un parallèle interpellant entre l’histoire de Laura et Benjamin et l’histoire de l’Arabie. Toutes les deux n’ont pu être écrites que grâce à l’avènement d’Internet.
Elles nous démontrent que de comprendre trop tard une chose peut avoir d’inattendues et graves conséquences. Pour un couple cela se traduit par la rupture puis de la tristesse, du vague à l’âme, appelez ça comme vous voudrez. Cela n’est pas si terrible et parfois même on en tire une réflexion sur son propre malheur. En revanche pour les sociétés humaines cela se traduit bien trop souvent par des guerres.
Le Printemps Arabe a enseigné à nos dirigeants la nature d’Internet, le pouvoir qu’il donne au Peuple et pourquoi ils doivent le craindre.
Nous ferions preuve de sagesse d’écouter, de lire la voie du Peuple de la place Tahrir au Caire, de la place de l’indépendance à Kiev… Et de ne pas écouter les va-t-en-guerre qui nous représentent. Nous pouvons réussir notre transition politique vers la civilisation du partage de savoir sans se faire la guerre.
Calligraphie arabe
Si nous perdons nos libertés sur Internet, elles seront tout aussi perdues à l’extérieur du réseau.
Nous ne sommes pas encore à l’abri de ceux qui pensent que notre Monde profondément injuste n’est pas une phase transitoire du progrès historique, mais bien la forme absolue et définitive de l’organisation sociale.
…Patience… Il m’en aura fallu avant de revoir mon ami et c’est ici, à Montréal, avec moi qu’il s’est aperçu qu’il lui aura fallu toutes ces années pour comprendre le sens d’une vérité qui peut se résumer en un dessin.

Le temps est venu pour Benjamin de rentrer en Arabie Heureuse pour lui dire merci et au revoir.
À ce moment précis, sous ses yeux, dans les pays les plus improbables du commencement du 21ᵉ siècle. Au bonheur tout le monde y croit. Finalement c’est donc vrai malgré sa folie, l’Arabie est heureuse.
Je n’ai pas l’élégance ni la moustache d’Hercules Poirot pour dire cela, mais je suis d’accord avec lui quand il dit : « Le bonheur entre une femme et un homme est la plus grande chose en ce monde. ».
Love is in the wind
Je suis triste pour mon ami qui n’a pu y croire que trop tard. Car j’en ai été témoin et j’y ai cru au bonheur entre Laura et Benjamin.
J’espère être une voix de plus criant, à sa façon, qu’une voie heureuse est possible il ne nous reste qu’à souhaiter l’emprunter. Et maintenant je sais que, si je l’ai vu, vous aussi parfois vous le voyez, l’apercevez ou le vivez. Et qu’alors vous osez y croire au bonheur entre les Femmes et les Hommes.

L’Arabie s’amuse.

Football sur la plage
The most mentally deranged people are certainly those who see in others indications of insanity they do not notice in themselves.

Dancing with the wind

 

La Fin

Merci à Simon pour son aide précieuse et ses suggestions ainsi qu’à toutes les personnes qui ont bien voulu se présenter devant l’objectif de mon appareil photo.
Et merci à la communauté du logiciel libre et tout particulièrement à l’équipe de développement de GIMP.

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  • « …une phase transitoire du progrès historique, mais bien la forme absolue et définitive de l’organisation sociale » Karl Marx, Le Capital, Livre 1. Extrait de la postface de la seconde édition allemande.
  • « Le bonheur entre une femme et un homme est la plus grande chose en ce monde. » Agatha Christie, The Mysterious Affair at Styles

Légende photo:

  • Leo Tolstoy, The Devil